dimanche 31 décembre 2006

Vendeurs de bord de route

Est-ce que je ne vous avait pas dit que je reviendrais sur Orange Cameroun ?...

Si. C'est que je fais à l'instant même, au travers de cette gravure datant du XXI ème siècle après que Jésus crie, et plus exactement, en 22 après Fanny. C'est d'ailleurs elle l'auteur de cette représentation symbolique et instructive d'un stand Orange Partners, où l'on achète des cartes et l'on s'instruit des tarifs du groupe de téléphonie mobile, avoisinant un vendeur non pas de boissons rafraîchissantes comme on pourrait le penser, mais...de fioul. La couleur dépend de la qualité, pour autant que je m'en rappelle bien. Le carburant est à un prix exorbitant pour les camerounais, qui l'achètent donc par un ou deux litres...

Je vous laisse admirer les expressions des personnages, y compris le chien, dans un dessin où le trait épuré et stylisé de Fanny s'exprime très facilement.

Quelques information sur Doukoula

Un agent inconnu à publié sur ce site un lien mystère qui permet d'en connaître un peu plus long sur la région de Doukoula pour peu que l'on jaspine le rosbiff.

Voici donc cette page secrète qui vous permettra de planifier vos prochaine vacances au Cameroun, à Doukoula-dans-le-Mil.

Les animaux à Doukoula

Autres cas rencontré au dispensaire : la morsure de serpent. A Doukoula, il y a des echis et des najas. Mais il y a aussi des margouillas, gros lézards colorés qui font le régal du chat et qui colonisent tous les terrains, y compris la salle de soins, les caméléons, et le soir venu, les chauve-souris géantes qui décollent par centaines des arbres et couvrent le ciel. Les crapauds et les insectes se font beaucoup plus discrets, leur saison est passée.

Si le jour, le soleil tape droit - il n'y a pas eu de pluie depuis avant l'arrivée de Fanny, et cette dernière déclarde sur l'honneur n'avoir jamais vu un seul nuage dans ce ciel-là - et fait monter la température à 25 ou 30° C, la nuit, c'est le froid qui enveloppe les hommes et un ciel pur (hors décollage d'escadrilles de chauve-souris) où brillent les étoiles et éclaire la lune "comme un projecteur, tu vois ton ombre !".

Mais quelques nuit, il n'y a pas de lune, et comme il n'y a pas d'éclairage public non plus, la nuit devient un pot d'encre dans lequel une voix s'entend à un mètre sans qu'on en voie l'émetteur. Ces nuits-là, Fanny préfère rester bien au chaud dans sa case. Et quand vient le matin, il faut prendre sa douche, avec l'eau qui est restée dans le tuyau toute la nuit et qui est glacée. Dans la journée, elle deviendra bouillante...

Le travail au dispensaire

Au dispensaire, les travaux de restauration du bâtiment central ont été achevés. Les bâtiments souffrent de la philosophie de construction du pays : vite et pas cher. Les fissures s'invitent rapidement, les peintures s'écaillent, bref, on se croirait en France. "Dans le bâtiment de pédiatrie, tu as peur que si tu claques la porte trop fort, il y ait un bout de plâtre qui te tombe dessus". Quant à l'église, section travaux, elle a reçu des bancs qui ont remplacé les planches posées sur des petits cubes de bois à cinq centimètres du sol et qui permettent de chanter à plus juste titre "plus près de toi mon Dieu". Ce fut un véritable évènement : la télévision locale est venue, il y a eu une grande fête et tout et tout...

Pour le reste du dispensaire, c'est la saison des brûlures. La température descend brusquement le soir - ayant demandé à Fanny quelle température il faisait le matin, j'ai eu la réponse suivante : "Bon, il y a des matins, on est obligé de mettre un pull !" - et les gens allument des feux de bois. Allez savoir pourquoi, ils n'arrêtent pas de tomber dedans, et depuis deux semaines, les brûlés succèdent aux grands brûlés. Fanny en voit de toutes les couleurs, et elle précise que ça dépasse en horreur ce qu'elle a vu jusqu'alors en France...toutefois, elle souligne le calme et le silence d'enfants lors des soins, alors qu'ils doivent endurer une souffrance terrible.

Mardi, il y a eu un accouchement, mais l'enfant, après une tentative de réanimation au bouche à bouche, n'a pas retenu la Vie.

Et Fanny a assisté à la venue d'une jeune fille de 16 ans qui refuse le mariage que sa famille a concoté pour elle, avec un militaire marié et père d'enfants de plus de vingt ans...la jeune femme a été transférée à Touloum, où il y a un centre d'accueil pour ce type de problématique.

Les végétaux à Doukoula : précisions

Et en même temps, c'est la fin de la récolte du coton ! Fanny décrit des marchés de coton omniprésents, des attelages de toutes sortes - boeufs, panier sur la tête...- et les tas de coton dans les champs.

Quant au mil, il en existe dans sa région trois variétés. Pour la saison des pluies, il y a le mil rouge. Ensuite, il y a le karaï, mil plus court et poussant en condition de stress hydrique, récolté au début de l'année. Enfin, il y a une autre variété, très haute, avec des petits grains très durs et dont le cycle de développement de la plante est nettement plus long.

"C'est grâce à cette variété que les gens arrivent à se nourrir toute l'année", réflexion qui vise les ténors des cultures OGM qui restent persuadés que cette impasse nourrira la planète entière. Tristement, elle nous informe que malgré celà, le Burkina Faso s'est lancé dans la production de coton OGM.

Puisque nous sommes dans les végétaux, restons-y : les arbres. Les fleurs roses de la photo d'hier sont celles d'un pied d'éléphant, arbre que Fanny évoque souvent. Il a la particularité de ne pas avoir de feuilles ! Si elle a vu quelques baobabs (qui l'ont au moins autant marqué que le Petit Prince !) près de Garoua, Fanny voit à Doukoula des manguiers, des papayers et de très gros figuiers, mais l'avancée de la saison a fait virer du vert au sable le paysage et disparaître la plupart des fleurs. Le sable, justement, très rouge à N'Gaoundéré comme on le voit sur la photo avec Monseigneur Coca-à-la-bouteille, est dans les tons de gris-beige à Doukoula.

La nourriture et les récoltes

Lorsque j'ai Fanny au téléphone jeudi soir, elle est de garde au dispensaire. Les soeurs sont à Kapsiki.

Voici quelques anecdotes assez fraîches qui permettent d'imaginer un peu sa vie.

Comme c'est la fin de l'année, on fête là-bas aussi bien le jour de l'an que la fête de l'Aïd. A cette occasion, Fanny confie qu'ils vont "se régaler avec toutes les victuailles de France"...saucisson (pour la fin d'année, pas pour l'Aïd, évidemment), fromage, chocolat...D'ailleurs, Fanny a profité de l'absence de Big-Brother Jacqueline pour cuisiner des sablés qui "changent des boules de sésame que [Fanny] ne supporte plus". La nourriture, en cette période qui va à la sécheresse, s'est raréfiée en fruits ; il y a beaucoup de patates et de bananes plantain, ainsi qu'une grande quantité de viande dont les Toupouris se nourrissent beaucoup.

Néanmoins, c'est la période des agrumes : citron vert (qu'elles ont conservé en sirop en prévision de la saison chaude), oranges vertes, pamplemousses verts - que les marmots appellent "pampalamousse" - et bientôt, les mangues. Celles-ci sont déjà disponibles à N'Gaoundéré et Garoua. Dans cette dernière ville, Fanny a vu pousser des fruits "sur des 'fils', comme des guirlandes de Noël".

samedi 30 décembre 2006

Vente de fripes et vue du dispensaire, côté technique

Non non, ce n'est pas la célébration nauséabonde de l'exécution du "raïs", ce n'est pas la 'salle des pendus' d'une mine africaine à ciel ouvert, c'est...le marché au vêtements de N'Gaoundéré. Fanny précise : "[...] les mannequins sont très légers et volent de branche en branche !".

Au fond de la photographie, la boutique Orange Cameroun, et Fanny nous précise que son rival de toujours, MTN, ne doit pas avoir sa boutique bien loin car ils vont toujours ensemble...



Quant à cet autre cliché, il nous dévoile la salle de torture, qui n'est autre, en fait - et les spécialistes autont reconnu - que la salle d'accouchement du dispensaire, là où vient la Vie quand tout se passe bien, ce qui arrive. Fanny écrit : "La salle d'accouchement du dispensaire (là où Cécile est née !) avec le tablier en plastique...dans le fond, sous un drap, une couveuse qui n'a jamais servi."

Fanny au Cameroun : les portraits

Voici, en cette veille de réveillon et d'agapes écoeurantes, quelques photos de la jolie Princesse dans son pays...

Sur ce cliché, la voici dans son costume de travail, entourée d'arbres aux fleurs roses pour lesquelles je vous invite à porter presque autant d'intérêt que pour Fanny, en compagnie de Delphine et de la petite Cécile.

Sur cette seconde photographie, elle est à N'Gaoundéré, joyeusement accompagnée par le "sacré évêque" du lieu, selon ses propres mots, "Monseigneur Djida qui boit sa bouteille de coca 'à la bouteille' justement lors des grandes assemblées !". Ca l'a presque plus frappée que le concubinage des prêtres, cette histoire-là !...

jeudi 28 décembre 2006

Cours de fruits du Cameroun

Maintenant que nous avons regardé par terre les jolies fleurs qui émergent du substrat originel, levons les mirettes vers la prairie de glace de l'infini azuréen et instruisons-nous des fruits offerts par les arbres du Cameroun.

Encore une fois, je fais appel à votre immense culture pour nous aider dans la détermination de cette "drôle de plante" trouvée à Garoua. Sûr, un petit dessin de l'arbre en entier nous aiderait beaucoup. Faaaaannnnny !!!

En attendant, voici de quoi se compose le dessert : grenade dégoupillée, ballon de rugby dégonflé, citron pas mûr et banane obèse. Je vous laisse aux bons soins de l'agent Malabar, qui est actuellement le mieux placée pour nous décrire ces fruits étranges qu'il a habilement déniché à l'insu du plein gré des autochtones...

Cours de botanique camerounaise

Aujourd'hui, partons ensemble à la découverte des fleurs et de quelques fruits fabriqués par les petits doigts de Dame Nature au Cameroun.
Commençons par ces belles graminées aux couleurs chatoyantes. Ne demandez pas les noms, elles ont débarqué en France sans papiers, par la voie postale. Imaginez seulement d'en voir des bouquets le long des pistes percées de nids de poules où votre véhicule (de marque Toyota, naturellement) cahote dans la poussière et la promiscuité propre au pays et qui doit faire ressembler certains trajets entre deux villes à une expédition dans une capsule intergalactique. C'est-y pas beau, hein ?...

Voici ensuite ces quelques fleurs, comme on n'en voit que dans les bandes dessinées en Europe. Si l'une ou l'un d'entre vous, dans sa Bibliothèque Magique, possède un rare exemplaire de botanique nord-camerounaise, ce serait atchement sympa de nous apporter quelques précisions quant à ces subtils végétaux...

mercredi 27 décembre 2006

En cette dernière semaine de 2006 : le marché

Dans le précédent message, certains passages pouvaient laisser penser que la météo du Cameroun n'avait rien à envier à celle de la France.

Détrompez-vous. Là-bas, le temps reste chaud le jour, frais la nuit, et ça ne va pas aller en s'arrangeant. Le pic de chaleur devrait intervenir vers mars ou avril. C'est à dire au moment même où vous serez pile en train de chercher quelques branchettes oubliées dans la forêt pour tenter de réchauffer votre intérieur.

Des nouvelles de Fanny, il en est arrivé. Elle se remet de son Noël alité avec sa bonne humeur habituelle. Rien de nouveau sous le soleil du dispensaire.

Il y a un mois, un camerounais est venu discuter du prix d'achat de Fanny avec Soeur Marie-Claire. Il lui en proposait neuf boeufs. Soeur Marie-Claire en voulait au moins vingt (à mon avis, c'est encore donné mais bon, si c'est le cours...) et lui a gentiment précisé que de toute façon, Fanny n'était pas à vendre dans la mesure où elle était déjà promise.

La principale intéressée, qui n'a pas eu le droit à la parole concernant son prix de vente - la tête que vous ferez le jour où votre kilo d'endives s'accrochera à sa cagette en hurlant qu'il refuse d'être acheté à un pareil prix !... - a pu ainsi ressentir l'étrange sensation d'être, justement, une marchandise à la merci des hommes, sort de nombre de femmes au Cameroun.

Pour terminer dans le sujet marchand, voici deux dessins du marché vu par les beaux yeux de l'agent Malabar.

Ce dessin s'intéresse à un stand en particulier. Il faut y noter l'inscription sur le t-shirt de l'enfant, les éternelles poules qui n'ont quitté ni le coeur ni les yeux de Fanny, et les enfants qui n'ont pas besoin de poussettes pour être trimballés d'un endroit à un autre.



Sur celui-ci, cette scène plus générale, captée sur le marché de Maroua, permet d'observer avec effroi que la grande mode au Cameroun n'est pas de se faire griller sur les plages de Juan-les-Pins ou de la Torremolinos mais de...s'éclaircir, pour ressembler à un européen. Encore une fois, les t-shirts des gosses sont instructifs. Paul Biya est le président du Cameroun depuis plus de 25 ans, démocratiquement réélu quand ça lui chante d'organiser des élections.

Et puis il y a ce petit panneau pour MTN, l'opérateur téléphonique (pour les petits rigolos : l'opérateur téléphoNTM) local, à propos duquel nous aurons l'occasion de revenir avec un petit dessin fabriqué au Cameroun par notre agent secret.

lundi 25 décembre 2006

Fanny et son premier Noël en Afrique

La France se préparait à réveillonner. Les bougies éclairaient les tables, sans doute le foie gras avait-il quitté le petit corps grasouillet des oies gavées pour prendre place sur les coupelles d'argent en plastique véritable made in RPC, la dinde tournait dans le four, victime d'une overdose de marrons, et divers alcools commençait à brûler les gosiers, faire tourner les têtes et préparer la rubrique nécrologique locale d'accidentologie routière.

En Afrique, au Cameroun puisque c'est votre centre d'intérêt particulier, Fanny s'apprêtait à passer son premier Noël africain. Elle s'attendait à une longue messe rythmée de danses et de chants, illuminée des couleurs des pagnes féminins.

Pourtant, quelque mal inconnu est venu lui pourrir la journée et la soirée, de sorte que pour ce qui est du Noël africain, Fanny connait surtout la joie d'être encore plus seule que d'hab' dans le vent et la froidure, avec les estomacs qui font le réveillon dans leur coin en enquiquinant tout le voisinage : foie, rate, poumons, esprit, petits yeux, etc.

Mais soyez rassurés : Fanny est sur la voie de la guérison en ce lundi 25 décembre !

Pour fêter dignement ce début de bonne nouvelle, parcourez de vos yeux émerveillés ce dessin de la petite gazelle. Ce si fin et bel animal - en côtelette avec un Château Calembert 83, c'est le petit Jésus en culotte de velours l'été dans le jardin - a grandi grâce aux bons soins des Pères au dispensaire. Fanny s'en est un peu occupée, ce qui l'a changée des poules que jamais on ne biberonne.

dimanche 24 décembre 2006

Encore un cadeau de Noël : le Cameroun dessiné par Fanny

Juste pour le plaisir, le Cameroun vu par les yeux et les talents de Fanny...





Cadeau de Noël : Fanny au Cameroun, la Preuve

Joyeux Noël, chères visiteuses, chers visiteurs !

En exclusivité mondiale aujourd'hui 24 décembre 2006, une photo de Miss Fanny au Cameroun !
Elle est ici en compagnie de Jacqueline, à la "cuisine". Photo prise à Doukoula en novembre.



Les dernières nouvelles de Fanny laissent sentir que le retour à Doukoula et Noël qui approchait à grand pas ont un peu freiné son enthousiasme ces derniers temps.

Néanmoins, elle a ramené avec elle tous les petits présents qui vont orner sa case et occuper ses heures perdues en lui rappellant sa famille et ses amis. Et qu'il faudrait penser à rentrer un jour. Non mais.

Sur cette seconde photo (on vous gâte, hein ?...normal, c'est Noël), il s'agit d'un jeune "fulbé" et de sa mère-grand, devant une case traditionnelle.


 

jeudi 21 décembre 2006

Dessins du boulot, par Fanny elle-même

Vous en vouliez, en voilà : les oeuvres de la Princesse Malabar en exil au Cameroun. Pour l'achat des oeuvres, je lui sers d'agent, n'accepte que les grosses coupures et ne rend pas la monnaie sur les tickets restaurant.

Voici donc le dessin d'un "saré", ce que le Larousse toupouri-français traduit par "hameau, bourgade, village". Dans ses descriptions, il apparait qu'un saré est souvent plus grand en nombre de cases, et l'on y voit souvent des greniers sur pilotis que vous aurez la joie d'admirer quand Fanny aura trouvé le temps de les dessiner.




Sur ce second dessin, c'est le transport en commun courant qui est représenté. Un mode qui nous ferait presque supporter les grèves à répétition des transports en commun français, si ces derniers n'étaient pas si chers. A ce sujet, il y a également la copie de son ticket de...ben de camion, en l'occurence, mais des fois, c'est une camionnette, une motal, un âne, que sais-je...vous observerez comment le passager est distingué : à l'aide de son prénom !



Etape à N'Gaoundéré : ordination et réception des colis de Nowel

"N'Gaoundéré, c'est tout au nord", dit Fanny un soir. Vérification faite, effectivement, c'est bien au sud. Disons, c'est au sud de Garoua, soit dans le centre du Cameroun, qui là-bas, s'appelle Nord, par contraste avec l'Extrême-Nord dans lequel palpite le coeur de Fanny lorsqu'elle se trouve à Doukoula.

Une fois dans la place au centre du nord qui est au sud de l'extrême-nord, l'agent Fanny assiste à l'ordination du prêtre, grande fête toute en couleurs et en musiques rythmées. Le village de Doukoula, d'où est originaire le jeune et heureux prêtre, avait fait le déplacement quasiment dans sa totalité pour venir encourager et féliciter le bonhomme.

Après la fête et quelques jours, Fanny reçoit les colis venus de France par Bernard Airlines, le père oblat ayant gentiment accepté de transborder à ses risques et périls les documents secrets destinés à la miss. Elle fut toute retournée de voir combien de personnes avaient participé à l'élaboration de ces colis, par des lettres, des cadeaux, des pensées. A ceux qui n'ont rien envoyé, elle pardonne mais elle a la liste. Aux premiers, elle dit merci beaucoup, infiniment, c'est trop gentil, il ne fallait pas, pfffff, vraiment merci beaucoup, aux seconds, elle dit "à bientôt !".

En retour, elle nous envoie quelques broutilles (des défenses d'éléphants, des tigre écrasés en forme de tapis, des sagaies pour chasser en forêt de Rambouillet et des vases traditionnels pour conserver les abats pendant le retour au camp,...) qui devraient nous parvenir pour la Noël.

Noël qu'elle va passer en communauté à Doukoula, où elle est revenue à sa grande tristesse hier mercredi 20 décembre...après l'activité de Garoua et de N'Gaoundéré, le retour dans le quotidien du dispensaire semble un peu lourd.

Etape à Garoua : le restaurant

Joie (enfin, presque...) ! Blogger met la dernière main - ou le pied, plutôt - sur la version pour les bêtas comme moi. Un monde merveilleux s'ouvre enfin à moi, l'univers du blog facile à construire, pourvu qu'on ait un ordinateur difficile à détruire.

Peu importe. C'est Fanny qui vous intéresse, je vous connais, à votre place je serais pareil. Voici donc

Récemment, la jeune demoiselle est partie fôlatrer à N'Gaoundéré, pour assister à l'ordination d'un jeune prêtre toupouri, cette précision n'ayant rien à voir avec une éventuelle incompétence dudit prêtre mais simplement parce qu'il est de l'ethnie des toupouris, par différençiation d'avec les foulbés. Mais avant d'atteindre N'Gaoundéré, il y a eu une étape Michelin à Garoua pour aérer le chien et sortir un peu les mômes de la 504

En passant par Garoua, l'agent Fanny en a profité pour s'infiltrer dans la salle informatique de la procure et ainsi abreuver de quelques nouvelles tous ses amis, et il y en a. Si vous n'avez rien reçu, ne le prenez pas mal, je vous ai dit : il y en a.

Ensuite, elle a fait le tour des boîtes de nuit avec sa copine Brigitte, la volontaire DCC sur place. Disons que ce ne sont pas tout à fait des boîtes de nuit : ce sont des restaurant. Pour faire simple : il s'agit d'un lieu où on commande à manger (du poisson), puis on amène le reste. Table, chaises, sauces, légumes en sacs plastique, eau, précieuse eau...Il y a un grand plat sur lequel arrive le poisson, et dans la pénombre régnante, chacun se sert avec la fourchette d'Adam.

Désormais, soyez tous décomplexés quand vous inviterez Fanny à votre table : trois couverts en plastique jaune made in RPC et une carafe d'eau du robinet vous ferons passer pour un habitué des tables ministérielles à ses jolis yeux.

jeudi 16 novembre 2006

Quelques photos du boulot

Cet hébergeur de blog est une vraie catastrophe, ce qui, rajouté à mon incompétence et une certaine hostilité vis à vis de ces outils, ne favorise certes pas une publication régulière et élégante.

Revenons à nos moutons - non, c'est fini, ça - et à nos vaccins, inoculés par Soeur Marie-Claire, grand sachem du dispensaire de Doukoula.

Sur cet autre petit dessin, on assiste effarés à un instant de la vie quotidienne dans la salle hospitallière du dispensaire. Ici, la famille assure tout le confort moderne au pauvre malade, ou aux pauvres malades puisque des fois, les lits sont communs.
Pour la poule qui se promène en famille, Fanny ne précise pas si c'est un repas trop frais qui s'est échappé de son assiette ou si la petite troupe de volatiles vient voir un parent hospitalisé lui aussi.

Bonjour tout le monde !

Voici enfin de quoi satisfaire votre appétit occulaire, les très attendus dessins de Fanny
qui nous permettent de mieux visualiser son coin de Cameroun.

Puisqu'on en était restés à Maroua, terminons le boulot, et admirons l'église de Maroua (voir aussi le PMU de Maroua, et sa célèbre fontaine magique, qui fournit de l'eau en poudre, unique au monde. Tous commerces en centre ville, comme on le verra plus tard) et le détail du prêtre qui ressemble d'avantage à un vilain évangéliste envoyé par Bush.



vendredi 29 septembre 2006

Nouvelles de Maroua


Fanny est à Maroua depuis ce matin, après trois heures de piste dans un camion dix places rempli de vingt-cinq personnes. Dans la "ville" -le concept de ville n'a pas la même définition pratique entre l'Afrique et l'Europe, précise-t-elle - de Maroua, après une balade sur un taxi-moto avec Soeur Sylvie et le chauffeur de la moto, Fanny découvre le marché. Elle perçoit l'étrange sentiment d'être la seule blanche au milieu de tout ce monde.

Plus tard, elle décrit les repas qu'elle ingère comme à peu près occidentaux, communauté avec les Soeurs oblige, à ceci près que les fruits sont locaux : goyave, pomme cannelle, orange verte...

Et il manque à Fanny son carburant essentiel : non pas le whisky comme ont pensé certaines mauvaises langues, mais...le lait, disponible en poudre uniquement. Ca, à trop donner de foin aux vaches, c'est tout ce qu'on risque.

Et, corollaire insdipensable du lait - qui, à mon humble avis auquel je vous encourage à vous rallier, reste un breuvage imbuvable tel quel, à mois d'être fou du palais - manque également le chocolat...les quelques plaques qu'elle avait ramené dans le fond de son sac pour amadouer les indigènes ont été rongées depuis belle lurette.

Comme c'est la fin de la saison des pluies, il fait chaud, humide, il y a des marigots partout (mais sans alligator, de toute façon, personne n'a de Jaguar pour les cogner alors ça ne sert à rien là-bas) et un paquet de moustiques. Fanny garantit avoir attrapé ou ne pas tarder à attraper la malaria. "De toute façon, dit-elle, tout le monde l'a ici". Il faut bien s'adapter aux coutumes.
Coutumes parfois dangereuses : un enfant en bas-âge en est décédé hier jeudi au dispensaire.

A Maroua, Fanny n'y est pas seulement venue pour y faire son marché : elle assiste avec Soeur Sylvie à l'ordination de deux Soeurs africaines. Elle sera de retour à Doukoula demain en début d'après-midi.

mercredi 27 septembre 2006

Nouvelles fraîches de Doukoula

Mercredi, 21h20 à Paris, une demoins là-bas, Fanny parvient à nous joindre.

Elle est parvenue à installer une puce dans son portable qui lui permet de capter depuis le dispensaire, mais dans une zone bien précise, naturellement, de l'ordre du mètre carré. A croire que c'est du SFR.

Voici les nouvelles qu'elle donne. Après être arrivée à Doukoula, après quatre heures sur une piste "en mauvais état, avec des mares d'eau", elle prend connaissance du dispensaire. Grand, elle me le décrit de la taille d'un hôpital, disposé en plusieurs bâtiments. Chaque bâtiment est composé de trois chambres à huit lits, mais Fanny me précise : "C'est comme une grange avec des gens dedans. Le sol est en terre battue, il y a des insectes, des araignées, de la poussière partout."

Sa journée a d'ailleurs été consacrée au nettoyage de la salle de soin...à l'eau de pluie. En effet, il n'y a plus d'eau ni d'électricité depuis ce mercredi matin. L'éclairage se fait à la bougie, la lampe à pétrole ou la lampe de poche.

Pour chaque lit avec un malade dedans, la famille doit aporter les draps et la nourriture ; la distribution des médicaments ne se fait qu'après règlement préalable des précieux produits. Fanny précise d'ailleurs que tout est payant, à un point qu'elle n'imaginait pas.

Quant au logement de Fanny elle-même, c'est une petite case toute ronde, avec un lit et une moustiquaire, et une douche...quand il y a de l'eau.

Pour celles et ceux qui souhaiteraient lui passer un coup de fil, sait-on jamais, voici son numéro de portable :

00237 546 2830

Pour les tarifs, c'est la grande inconnue, et en ce qui concerne sa disponibilité, la communication a été coupée quand je m'en informais.

mardi 26 septembre 2006

L'adresse (tant attendue) de Fanny

Mademoiselle Fanny BIGNON
Centre de Santé Yves Plumey
BP 14 - Doukoula
Cameroun




Sur cette petite carte, on distingue très vaguement un emplacement approximatif de Doukoula. C'est moi qui l'ai rajouté sur Paint avec mes petits doigts, alors respect.
Pour ceux qui se demandent où, c'est sur le bas du bec de la poule, au grand nord-est du pays, à la frontière avec le Tchad.

Dernières nouvelles de Fanny



Dernier contact hier soir, peu avant le dîner, Fanny devait partir ce matin pour Doukoula.

Pas de nouvelles depuis, ce qui est normal puisqu'on était bien censés perdre le contact dans la matinée, ce qui fut fait. On peut donc penser en toute logique qu'elle a atteint le dispensaire de Doukoula en fin de matinée, et qu'elle y coule depuis des heures heureuses, dans la chaleur de ce pays.

Je me suis fait un peu suer pour trouver où perchait ce bled de cambrousse (peut pas jouer les V.I. à
Strasbourg comme tout le monde, non ?...) et j'ai fini par trouver, merci internénette.

C'est loin, de tout surtout. J'ai trouvé quelques photos du nord-Cameroun qui doivent très vaguement et pittoresquement ressembler à ce qu'elle est susceptible de voir là-bas.



Heureusement, elle a pu, hier soir, me communiquer son adresse, que je m'empresse de diffuser sur interpanet pour que tout le monde l'innonde d'un nombreux et affecteux courrier (envoi de 20 g -> 0,85 €).

lundi 25 septembre 2006

Ce qu'a vu Fanny

- Un gros lézard
- Des vaches maigres
- Des chèvres
- Certainement des Toyotas mais elle ne le dira pas alors je vous le dis, moi.
- Sans doute quelques noirs. 

Nouvelles du Cameroun

Depuis, le téléphone, accompagné d'un léger décalage, a transmis les informations suivantes.

Fanny est bien arrivée avec armes et bagages (et drogue aussi, donc, si vous avez bien suivi) à Douala à 18h30 locales environ, sachant qu'il faut en ce moment rajouter une heure pour
en avoir une idée de la nôtre. Il fait alors 26°C et beaucoup plus en hygrométrie. Le chauffeur
personnel de Fanny l'attend.

La nuit se passe donc dans la moiteur et l'odeur de moisi de la procure de Douala. Le lendemain matin, retour à l'aéroport où Fanny retrouve Docteur Brigitte, une coopérante DCC avec laquelle elle doit faire le trajet hypersonique jusqu'à Garoua.

C'est chose faite en milieu de matinée, ce lundi 25 septembre. A Garoua, Soeur Marie-Claire attend Fanny pour l'emmener à la procure de Garoua, d'où elles partiront demain, en bus, en moto, en monocycle et à dos de criquet pour le dispensaire de Doukoula. Soeur Marie-Claire est une religieuse que nous avons rencontrée, Fanny et moi, à Aubergenville. Nous apprendrons plus tard que sa soeur, chez qui nous étions ce jour-là, est une amie de la grand-mère de Fanny...

Faux départ, attente et redépart

Enfin, disons qu'il devait partir.

En effet, dans le compartiment moteur du transpal géant qui charge les bagages en soute, économisant ainsi le temps précieux et le dos d'une main d'oeuvre rare et coûteuse, apparaît une petite flamme qui grandit très vite. Ca a le don incroyable de donner une
énergie débordante à un tas de petites personnes qui se mettent à courir pour chercher un extincteur
et éviter le drame, qui paye mal en ce moment à la télé pour cause de surproduction.

Une fois que le coupable appareil a été noyé de neige, les petits hommes se réunissent et palabrent. Les pompiers font une arrivée fracassante avec un magnifique camion très beau (presque aussi beau que le mien, c'est dire), regardent, hop, et puis palabrent aussi avant de s'en aller.

Résultat des courses : le temps de virer les bagages, se décider, pousser le transpal, en faire venir un qui fonctionne avec un peu moins d'ardeur mais plus d'endurance, l'avion décale avec une heure de retard sur l'horaire. Il est alors 11h30, lorsque nous voyons disparaître le diptère métallique et son précieux passager.

Attente du départ - et départ

Embarquement prévu à 09h37. On discute autour d'une thermos de café avec Jacques et les
parents de Fanny. C'est pas drôle d'attendre le départ. Le bagage est parti, sa propriétaire ne
va pas tarder à suivre un chemin similaire.

La jeunesse chahute toujours aussi inlassablement avec le chariot. A Roissy, l'animation est assez
morte : les terminaux ont des tailles inhumaines, on ne voit des avions que des bouts d'ailes, de
cabine, de hublots, on distingue au lointain un aterrissage, et il faut prier pour que la voute se
retienne de nous tomber sur le coin du citron, comme c'est sa manie. Les panneaux d'affichage ne valent pas ceux des gares, avec leurs petits volets qui cliquètent
bruyamment. Ici, c'est la haute technologie partout, c'est propre comme une chambre d'hôpital
ces petits écrans plastique. C'est sans vie.

Puis la file se remplit pour l'embarquement. Il faut bien y aller à un certain moment. Fanny s'engage dans la file, après avoir fait ses au revoir à sa famille, qui chahute beaucoup moins, tout d'un coup. En passant le portique, elle parvient habilement à dissimuler la drogue et les armes qu'elle cache dans ses chaussettes à double fond qu'on voit même pas qu'elle en a dans ses sandales. Elle est trop forte, Fanny.

Ceux qui sont restés prennent le chemin du fameux parking hi-tech, puis bifurquent de manière inattendue pour regarder les morceaux d'avions, des fois qu'il y aurait celui de Fanny. Entre les meurtrières en béton, on peut voir des grands airbus somnoler. Après prise de renseignements, celui de Fanny est tout à fait de l'autre côté, et il part dans une minute.

Enregistrement des bagages et attente du départ

Pendant que les quatre rigolos chahutent avec un chariot (qui sera le bienvenu pour porter les sacs de Fanny, lourds de 30 kilos...) il faut trouver la zone d'enregistrement des bagages pour le vol Air France à destination de Douala, Cameroun. Zone 14, c'est au bout du terminal.

Fanny et moi nous engageons prudemment dans la file. Nous sommes reçus par une jeune femme au grand sourire, qui rappelle les photos des première hôtesses de l'air d'Air France, dans les années 50. Les bagages font le poids qu'on leur demande de faire, ce qui est gentil. Madame des années 50 nous rassure : à la Cam Air, on est encore moins pointilleux sur le poids qu'à Air France.

Le sac à dos, enveloppé dans un grand sac plastique, s'en va on ne sait pas trop où, protégé des virus - ou du moins, des voleurs. Il aura même droit à un second autocollant, parce que l'information du premier était inexacte, trop un veinard.

Dans la file d'attente, Fanny aperçoit tout d'un coup Frère Jacques, des Oblats, venu spécialement pour lui souhaiter un bon voyage. Pendant l'enregistrement, Jacques fait la connaissance des biomanes de Fanny, et de ses turbulentes soeurs.

En direction de l'aéroport, 24 septembre 2006

Dimanche 24 septembre, 07h30 du matin, départ de la ferme des Beurreries à bord de la Caravelle
bleue, en convoi avec notre GPS à roulettes, la clio parentale.

Fanny gère l'ambiance musicale de l'Escargot Fringant. Il y a Senko et Sarah, Elsa et Ysé ayant pris place dans le GPS.

A l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, après avoir enchaîné les intestins de bitume qui mènent aux endroits désirés, nous parvenons au parking souterrain du terminal 2F. L'Escargot Fringant frotte le gabarit : allons-nous rester coincés dans la zone de parquage ? Une caméra lit la plaque d'immatriculation, qu'elle retransmet à la petite machine qui l'imprime sur le ticket de parking. C'est beau, la technologie.