On ne peut pas lutter. Heureusement qu'il y a l'administration camerounaise pour nous la renvoyer !
Suivi approximatif et selon les possibilités techniques des aventures de Fanny au grand-nord Cameroun - 24 septembre 2006 - mai 2007
On ne peut pas lutter. Heureusement qu'il y a l'administration camerounaise pour nous la renvoyer !
Fanny évoque souvent sa camarade Bertine. Sur la fin de semaine du 03 au 04 février, elle était d'ailleurs au village de la famille de Bertine, un coin de cambrousse à deux pas de Touloum. Là-bas, elle a vécu brièvement l'Afrique "d'en bas", comme on dit chez nous.
Pas d'eau, pas d'électricité, et lorsque Fanny a voulu prendre une douche salvatrice, Bertine l'a menée a une case avec une porte qui...plutôt sans porte, en fait, et ça lui a fait tout drôle, à Fanny. Presque moins tant par la présence à deux mètres d'un groupe d'hommes en palabres ("de dehors on ne te voit pas", lui dit Bertine pour la rassurer) que par l'occupation des lieux deux autres mètres ailleurs par trois cochons. Dans la salle de bain !
Tout à gauche sur la photo, c'est Rose, une autre camarade, puis Bertine au milieu et à droite, peut-être que vous la reconnaissez, c'est Fanny, si si.
Mais zieutez plutôt vers le fond de la photo : on y découvre la case de Fanny, le fameux "pied d'éléphant" croulant de fleurs roses, et dedans icelui, la cocotte offerte à notre aventurière par les collègues de la clinique St-Louis.
Troisième photo, le commentaire de Fanny se suffit à lui-même : "photo peu évocatrice comme ça à première vue ! Ce sont les poteaux électriques reliés à rien qui jalonnent la route de Bamyanga vers Ngaoundéré." Vous avez vu la belle route ? Et dire qu'on se plaint des régiments jaune fluo de la DDE !
Il faut quand même revenir un peu sur l'épisode de Touloum. Fanny suscite la curiosité à cause de la couleur de son épiderme. Dans le village de la famille de Bertine, une femme lui a confié qu'elle pensait que les blancs ne se reproduisaient pas : elle n'a jamais vu que des Pères et des Soeurs...
Par ailleurs, rien que par sa présence, "les enfants se cognent dans les arbres (sic)" d'étonnement et de facination...elle décrit un enfant qui a réussi à se coller par terre parce qu'il la dévisageait tellement qu'il s'est pris les pieds dans des racines.
Une autre fois, en pleine campagne de vaccination contre la polio, Fanny attendait les mères à la sortie de l'église, repérant toutes celles qui avaient un paquet de forme humaine dans le dos, afin de les intercepter et de vacciner ledit paquet. L'opération, précise-t-elle alors, nécessite d'avoir les tympans bien accrochés à cause des hurlements des enfants "blanchophobes (re-sic)" !...
Toutefois, bien qu'éblouis par l'éclatante couleur de ces bouts d'oiseau, je vous rappelle que notre moineau national est une espèce en voie de disparition et que ce serait bien de faire un gros geste pour lui même s'il n'a pas ce fascinant ramage qui ferait de lui le phoenix des hôtes de nos villes s'il tenait en son bec un fromage, ce qui est dur parce qu'il est tout petit.
Fanny a envoyé ce dessin d'un chien que certains d'entre-vous connaissent bien sous le nom de VANILLE, véaènideuzèleu, et qui est à peu près aussi comique dans la réalité que sur le dessin. Au nom de l'humour.
Et enfin, pour terminer sur une vraie note de polésie, voici un extrait d'un dessin illustrant le soir dans la brousse, les indigènes autour du feu de camp à l'heure où un paquet d'occidentaux s'abreuve à la grand messe du vinteure, le calme de la campagne camerounaise et de ses grand arbres aux lianes pendantes qui contraste avec les embouteillages sur le périphérique nord et la lumière glauque qui pendouille des lampadaires en zinc humide aux pieds desquels poussent des fleurs de bitumes importées des pays de l'est. Quand je vous promettais de la poésie...
Puisque l'on parle encore et toujours de mouton, voici une vache. Une vrai vache camerounaise, dans une vraie étable camerounaise qui n'a pas grand-chose à envier aux étables que l'on peut croiser sur nos chemins creux de la France éternelle, du reste. Photo prise subrepticement au noviciat de N'Gaoundéré en décembre de l'an passé.
Contredisez-moi si je m'abuse, mais avec ce bestiau-là, on est plus proches morphologiquement du buffle que de la vache de nos vertes prairies, ce qui doit avoir une explication logique (qui me permettrait certainement d'en remettre une couche sur les OGM, parce que je soupçonne dans cette bizarrerie un facteur d'adaptation) que se feront un plaisir de nous exposer ceux qui savent et ceux qui cherchent grâce à l'onglet ci-dessous intitulé "publier un commentaire", d'avance, merci les spécialistes.
Autres cas rencontré au dispensaire : la morsure de serpent. A Doukoula, il y a des echis et des najas. Mais il y a aussi des margouillas, gros lézards colorés qui font le régal du chat et qui colonisent tous les terrains, y compris la salle de soins, les caméléons, et le soir venu, les chauve-souris géantes qui décollent par centaines des arbres et couvrent le ciel. Les crapauds et les insectes se font beaucoup plus discrets, leur saison est passée.
Si le jour, le soleil tape droit - il n'y a pas eu de pluie depuis avant l'arrivée de Fanny, et cette dernière déclarde sur l'honneur n'avoir jamais vu un seul nuage dans ce ciel-là - et fait monter la température à 25 ou 30° C, la nuit, c'est le froid qui enveloppe les hommes et un ciel pur (hors décollage d'escadrilles de chauve-souris) où brillent les étoiles et éclaire la lune "comme un projecteur, tu vois ton ombre !".
"C'est grâce à cette variété que les gens arrivent à se nourrir toute l'année", réflexion qui vise les ténors des cultures OGM qui restent persuadés que cette impasse nourrira la planète entière. Tristement, elle nous informe que malgré celà, le Burkina Faso s'est lancé dans la production de coton OGM.
Quant à cet autre cliché, il nous dévoile la salle de torture, qui n'est autre, en fait - et les spécialistes autont reconnu - que la salle d'accouchement du dispensaire, là où vient la Vie quand tout se passe bien, ce qui arrive. Fanny écrit : "La salle d'accouchement du dispensaire (là où Cécile est née !) avec le tablier en plastique...dans le fond, sous un drap, une couveuse qui n'a jamais servi."
Sur cette seconde photographie, elle est à N'Gaoundéré, joyeusement accompagnée par le "sacré évêque" du lieu, selon ses propres mots, "Monseigneur Djida qui boit sa bouteille de coca 'à la bouteille' justement lors des grandes assemblées !". Ca l'a presque plus frappée que le concubinage des prêtres, cette histoire-là !...