jeudi 18 janvier 2007

Un peu de polésie : plumes rouges et chien comique

Malgré l'absence à Doukoula l'éternelle d'un salon de coiffure, Fanny a obtenu une indication sur la température extérieure, soupçonnant depuis un moment le thermomètre d'avoir une chute de tension inadéquate avec son positionnement géographique.

Quelle ne fut pas sa surprise d'apprendre que ce froid glacial qui enveloppe la petite campagne nord-camerounaise au point que les autochtones enfilent anoraks et allument feux meurtriers correspond à 25°C sur un thermomètre homologué.

Mais après les chaleurs qu'elle a connu et qu'elle va reconnaître, ces 25°C-là sont plus frais que nos 10°C venteux actuels...on ne va pas se plaindre, nous, on a la pluie. Na na nerre.

Voici pour se réchauffer le coeur et les abattis ces quelques plumes qui font passer le plus élégant de nos friquets pour un épouvantail à faire fuir un champ de blé.

Toutefois, bien qu'éblouis par l'éclatante couleur de ces bouts d'oiseau, je vous rappelle que notre moineau national est une espèce en voie de disparition et que ce serait bien de faire un gros geste pour lui même s'il n'a pas ce fascinant ramage qui ferait de lui le phoenix des hôtes de nos villes s'il tenait en son bec un fromage, ce qui est dur parce qu'il est tout petit.

Fanny a envoyé ce dessin d'un chien que certains d'entre-vous connaissent bien sous le nom de VANILLE, véaènideuzèleu, et qui est à peu près aussi comique dans la réalité que sur le dessin. Au nom de l'humour.

Et enfin, pour terminer sur une vraie note de polésie, voici un extrait d'un dessin illustrant le soir dans la brousse, les indigènes autour du feu de camp à l'heure où un paquet d'occidentaux s'abreuve à la grand messe du vinteure, le calme de la campagne camerounaise et de ses grand arbres aux lianes pendantes qui contraste avec les embouteillages sur le périphérique nord et la lumière glauque qui pendouille des lampadaires en zinc humide aux pieds desquels poussent des fleurs de bitumes importées des pays de l'est. Quand je vous promettais de la poésie...

Un petit peu d'Afrique : mil et une vache

Au menu du jour ce jeudi : visite de la prison des hommes pour la seconde journée consécutive, diffusion d'un film de prévention du Sida.

Dans un message précédent, il était question du coton qui s'entassait dans les champs. Grâce à une aimable prêtation d'un agent secret dont je ne divulguerai pas le moindre indice permettant de le compromettre (d'autant que j'escompte épouser sa fille aînée, alors hein) voici une photo d'un tas...de mil, ben oui, dans la vie on n'a pas toujours ce que l'on veut.
Comme vous le remarquerez avec cette vivacité que je vous envie, il y a d'étranges bêtes qui glanent. Quelles sont-ce ?...l'avenir nous le dira, mais on dirait bien un genre de mouton.
Cliché pris à Doukoula, en décembre de l'an deux "mil" six, "à quelques pas du saré de la mission, les friches des champs de mil, avec les tiges rassemblées en bottes...Ca sert à faire des palissades, ou de nourriture pour les bêtes..."

Puisque l'on parle encore et toujours de mouton, voici une vache. Une vrai vache camerounaise, dans une vraie étable camerounaise qui n'a pas grand-chose à envier aux étables que l'on peut croiser sur nos chemins creux de la France éternelle, du reste. Photo prise subrepticement au noviciat de N'Gaoundéré en décembre de l'an passé.

Contredisez-moi si je m'abuse, mais avec ce bestiau-là, on est plus proches morphologiquement du buffle que de la vache de nos vertes prairies, ce qui doit avoir une explication logique (qui me permettrait certainement d'en remettre une couche sur les OGM, parce que je soupçonne dans cette bizarrerie un facteur d'adaptation) que se feront un plaisir de nous exposer ceux qui savent et ceux qui cherchent grâce à l'onglet ci-dessous intitulé "publier un commentaire", d'avance, merci les spécialistes.

samedi 6 janvier 2007

Messages de la nouvelle année

C'est avec beaucoup de curiosité qu'on a ouvert les colis que Fanny avait fait parvenir du Cameroun. Graines, fleurs, boule de mil, insectes, plumes, dessins, il y en avait de toutes les sortes.

Voici un dessin qu'elle intitule "Autour du bilbil", cette dernière étant la boisson nationale du Cameroun (sauf chez les évêques de N'Gaoundéré qui préfèrent le coca), boisson du reste alcoolisée si je ne m'abuse. J'vous raconte pas les calebasses que Fanny s'envoie derrière la cravate pendant les fêtes !...


Fanny, en fait de boire, prépare de ce samedi jusqu'au mardi qui vient, une séquence de vaccination contre le #*$+# (aviez-vous déjà vu un trou de mémoire ? ben voilà, c'est fait) et se réjouit du retour sur le dispensaire de Bertine, avec qui elle va de nouveau pouvoir cuisinier et se raconter le dernier Douala-Match.

Comment se fait la lessive à Doukoula ? "Ho, me répond Fanny, dans une bassine et avec un savon de Marseille". Elle rajoute que ses vêtements sont de plus en plus élimés à force. On la voit sur cette photo en train de materner petit Joël, un enfant dont la mère est décédée après la naissance. Durant quelques jours, Fanny a gardé le petit bonhomme dans sa case, le temps pour que la soeur de ce dernier, âgée d'une douzaine de printemps, vienne s'organise pour s'en occuper.

Au dispensaire, un collègue s'est acheté une motal d'occase pour 75.000 F.CFA. Traduction : 120 €. Cette différence de "niveau" de vie laisse Fanny assez perplexe sur les question qu'un occidental peut se poser au jour le jour - au moment des soldes, par exemple, où le moindre gant de toilette à -75% paierait l'année scolaire d'un môme.