jeudi 16 novembre 2006

Quelques photos du boulot

Cet hébergeur de blog est une vraie catastrophe, ce qui, rajouté à mon incompétence et une certaine hostilité vis à vis de ces outils, ne favorise certes pas une publication régulière et élégante.

Revenons à nos moutons - non, c'est fini, ça - et à nos vaccins, inoculés par Soeur Marie-Claire, grand sachem du dispensaire de Doukoula.

Sur cet autre petit dessin, on assiste effarés à un instant de la vie quotidienne dans la salle hospitallière du dispensaire. Ici, la famille assure tout le confort moderne au pauvre malade, ou aux pauvres malades puisque des fois, les lits sont communs.
Pour la poule qui se promène en famille, Fanny ne précise pas si c'est un repas trop frais qui s'est échappé de son assiette ou si la petite troupe de volatiles vient voir un parent hospitalisé lui aussi.

Bonjour tout le monde !

Voici enfin de quoi satisfaire votre appétit occulaire, les très attendus dessins de Fanny
qui nous permettent de mieux visualiser son coin de Cameroun.

Puisqu'on en était restés à Maroua, terminons le boulot, et admirons l'église de Maroua (voir aussi le PMU de Maroua, et sa célèbre fontaine magique, qui fournit de l'eau en poudre, unique au monde. Tous commerces en centre ville, comme on le verra plus tard) et le détail du prêtre qui ressemble d'avantage à un vilain évangéliste envoyé par Bush.



vendredi 29 septembre 2006

Nouvelles de Maroua


Fanny est à Maroua depuis ce matin, après trois heures de piste dans un camion dix places rempli de vingt-cinq personnes. Dans la "ville" -le concept de ville n'a pas la même définition pratique entre l'Afrique et l'Europe, précise-t-elle - de Maroua, après une balade sur un taxi-moto avec Soeur Sylvie et le chauffeur de la moto, Fanny découvre le marché. Elle perçoit l'étrange sentiment d'être la seule blanche au milieu de tout ce monde.

Plus tard, elle décrit les repas qu'elle ingère comme à peu près occidentaux, communauté avec les Soeurs oblige, à ceci près que les fruits sont locaux : goyave, pomme cannelle, orange verte...

Et il manque à Fanny son carburant essentiel : non pas le whisky comme ont pensé certaines mauvaises langues, mais...le lait, disponible en poudre uniquement. Ca, à trop donner de foin aux vaches, c'est tout ce qu'on risque.

Et, corollaire insdipensable du lait - qui, à mon humble avis auquel je vous encourage à vous rallier, reste un breuvage imbuvable tel quel, à mois d'être fou du palais - manque également le chocolat...les quelques plaques qu'elle avait ramené dans le fond de son sac pour amadouer les indigènes ont été rongées depuis belle lurette.

Comme c'est la fin de la saison des pluies, il fait chaud, humide, il y a des marigots partout (mais sans alligator, de toute façon, personne n'a de Jaguar pour les cogner alors ça ne sert à rien là-bas) et un paquet de moustiques. Fanny garantit avoir attrapé ou ne pas tarder à attraper la malaria. "De toute façon, dit-elle, tout le monde l'a ici". Il faut bien s'adapter aux coutumes.
Coutumes parfois dangereuses : un enfant en bas-âge en est décédé hier jeudi au dispensaire.

A Maroua, Fanny n'y est pas seulement venue pour y faire son marché : elle assiste avec Soeur Sylvie à l'ordination de deux Soeurs africaines. Elle sera de retour à Doukoula demain en début d'après-midi.

mercredi 27 septembre 2006

Nouvelles fraîches de Doukoula

Mercredi, 21h20 à Paris, une demoins là-bas, Fanny parvient à nous joindre.

Elle est parvenue à installer une puce dans son portable qui lui permet de capter depuis le dispensaire, mais dans une zone bien précise, naturellement, de l'ordre du mètre carré. A croire que c'est du SFR.

Voici les nouvelles qu'elle donne. Après être arrivée à Doukoula, après quatre heures sur une piste "en mauvais état, avec des mares d'eau", elle prend connaissance du dispensaire. Grand, elle me le décrit de la taille d'un hôpital, disposé en plusieurs bâtiments. Chaque bâtiment est composé de trois chambres à huit lits, mais Fanny me précise : "C'est comme une grange avec des gens dedans. Le sol est en terre battue, il y a des insectes, des araignées, de la poussière partout."

Sa journée a d'ailleurs été consacrée au nettoyage de la salle de soin...à l'eau de pluie. En effet, il n'y a plus d'eau ni d'électricité depuis ce mercredi matin. L'éclairage se fait à la bougie, la lampe à pétrole ou la lampe de poche.

Pour chaque lit avec un malade dedans, la famille doit aporter les draps et la nourriture ; la distribution des médicaments ne se fait qu'après règlement préalable des précieux produits. Fanny précise d'ailleurs que tout est payant, à un point qu'elle n'imaginait pas.

Quant au logement de Fanny elle-même, c'est une petite case toute ronde, avec un lit et une moustiquaire, et une douche...quand il y a de l'eau.

Pour celles et ceux qui souhaiteraient lui passer un coup de fil, sait-on jamais, voici son numéro de portable :

00237 546 2830

Pour les tarifs, c'est la grande inconnue, et en ce qui concerne sa disponibilité, la communication a été coupée quand je m'en informais.

mardi 26 septembre 2006

L'adresse (tant attendue) de Fanny

Mademoiselle Fanny BIGNON
Centre de Santé Yves Plumey
BP 14 - Doukoula
Cameroun




Sur cette petite carte, on distingue très vaguement un emplacement approximatif de Doukoula. C'est moi qui l'ai rajouté sur Paint avec mes petits doigts, alors respect.
Pour ceux qui se demandent où, c'est sur le bas du bec de la poule, au grand nord-est du pays, à la frontière avec le Tchad.

Dernières nouvelles de Fanny



Dernier contact hier soir, peu avant le dîner, Fanny devait partir ce matin pour Doukoula.

Pas de nouvelles depuis, ce qui est normal puisqu'on était bien censés perdre le contact dans la matinée, ce qui fut fait. On peut donc penser en toute logique qu'elle a atteint le dispensaire de Doukoula en fin de matinée, et qu'elle y coule depuis des heures heureuses, dans la chaleur de ce pays.

Je me suis fait un peu suer pour trouver où perchait ce bled de cambrousse (peut pas jouer les V.I. à
Strasbourg comme tout le monde, non ?...) et j'ai fini par trouver, merci internénette.

C'est loin, de tout surtout. J'ai trouvé quelques photos du nord-Cameroun qui doivent très vaguement et pittoresquement ressembler à ce qu'elle est susceptible de voir là-bas.



Heureusement, elle a pu, hier soir, me communiquer son adresse, que je m'empresse de diffuser sur interpanet pour que tout le monde l'innonde d'un nombreux et affecteux courrier (envoi de 20 g -> 0,85 €).

lundi 25 septembre 2006

Ce qu'a vu Fanny

- Un gros lézard
- Des vaches maigres
- Des chèvres
- Certainement des Toyotas mais elle ne le dira pas alors je vous le dis, moi.
- Sans doute quelques noirs. 

Nouvelles du Cameroun

Depuis, le téléphone, accompagné d'un léger décalage, a transmis les informations suivantes.

Fanny est bien arrivée avec armes et bagages (et drogue aussi, donc, si vous avez bien suivi) à Douala à 18h30 locales environ, sachant qu'il faut en ce moment rajouter une heure pour
en avoir une idée de la nôtre. Il fait alors 26°C et beaucoup plus en hygrométrie. Le chauffeur
personnel de Fanny l'attend.

La nuit se passe donc dans la moiteur et l'odeur de moisi de la procure de Douala. Le lendemain matin, retour à l'aéroport où Fanny retrouve Docteur Brigitte, une coopérante DCC avec laquelle elle doit faire le trajet hypersonique jusqu'à Garoua.

C'est chose faite en milieu de matinée, ce lundi 25 septembre. A Garoua, Soeur Marie-Claire attend Fanny pour l'emmener à la procure de Garoua, d'où elles partiront demain, en bus, en moto, en monocycle et à dos de criquet pour le dispensaire de Doukoula. Soeur Marie-Claire est une religieuse que nous avons rencontrée, Fanny et moi, à Aubergenville. Nous apprendrons plus tard que sa soeur, chez qui nous étions ce jour-là, est une amie de la grand-mère de Fanny...

Faux départ, attente et redépart

Enfin, disons qu'il devait partir.

En effet, dans le compartiment moteur du transpal géant qui charge les bagages en soute, économisant ainsi le temps précieux et le dos d'une main d'oeuvre rare et coûteuse, apparaît une petite flamme qui grandit très vite. Ca a le don incroyable de donner une
énergie débordante à un tas de petites personnes qui se mettent à courir pour chercher un extincteur
et éviter le drame, qui paye mal en ce moment à la télé pour cause de surproduction.

Une fois que le coupable appareil a été noyé de neige, les petits hommes se réunissent et palabrent. Les pompiers font une arrivée fracassante avec un magnifique camion très beau (presque aussi beau que le mien, c'est dire), regardent, hop, et puis palabrent aussi avant de s'en aller.

Résultat des courses : le temps de virer les bagages, se décider, pousser le transpal, en faire venir un qui fonctionne avec un peu moins d'ardeur mais plus d'endurance, l'avion décale avec une heure de retard sur l'horaire. Il est alors 11h30, lorsque nous voyons disparaître le diptère métallique et son précieux passager.

Attente du départ - et départ

Embarquement prévu à 09h37. On discute autour d'une thermos de café avec Jacques et les
parents de Fanny. C'est pas drôle d'attendre le départ. Le bagage est parti, sa propriétaire ne
va pas tarder à suivre un chemin similaire.

La jeunesse chahute toujours aussi inlassablement avec le chariot. A Roissy, l'animation est assez
morte : les terminaux ont des tailles inhumaines, on ne voit des avions que des bouts d'ailes, de
cabine, de hublots, on distingue au lointain un aterrissage, et il faut prier pour que la voute se
retienne de nous tomber sur le coin du citron, comme c'est sa manie. Les panneaux d'affichage ne valent pas ceux des gares, avec leurs petits volets qui cliquètent
bruyamment. Ici, c'est la haute technologie partout, c'est propre comme une chambre d'hôpital
ces petits écrans plastique. C'est sans vie.

Puis la file se remplit pour l'embarquement. Il faut bien y aller à un certain moment. Fanny s'engage dans la file, après avoir fait ses au revoir à sa famille, qui chahute beaucoup moins, tout d'un coup. En passant le portique, elle parvient habilement à dissimuler la drogue et les armes qu'elle cache dans ses chaussettes à double fond qu'on voit même pas qu'elle en a dans ses sandales. Elle est trop forte, Fanny.

Ceux qui sont restés prennent le chemin du fameux parking hi-tech, puis bifurquent de manière inattendue pour regarder les morceaux d'avions, des fois qu'il y aurait celui de Fanny. Entre les meurtrières en béton, on peut voir des grands airbus somnoler. Après prise de renseignements, celui de Fanny est tout à fait de l'autre côté, et il part dans une minute.

Enregistrement des bagages et attente du départ

Pendant que les quatre rigolos chahutent avec un chariot (qui sera le bienvenu pour porter les sacs de Fanny, lourds de 30 kilos...) il faut trouver la zone d'enregistrement des bagages pour le vol Air France à destination de Douala, Cameroun. Zone 14, c'est au bout du terminal.

Fanny et moi nous engageons prudemment dans la file. Nous sommes reçus par une jeune femme au grand sourire, qui rappelle les photos des première hôtesses de l'air d'Air France, dans les années 50. Les bagages font le poids qu'on leur demande de faire, ce qui est gentil. Madame des années 50 nous rassure : à la Cam Air, on est encore moins pointilleux sur le poids qu'à Air France.

Le sac à dos, enveloppé dans un grand sac plastique, s'en va on ne sait pas trop où, protégé des virus - ou du moins, des voleurs. Il aura même droit à un second autocollant, parce que l'information du premier était inexacte, trop un veinard.

Dans la file d'attente, Fanny aperçoit tout d'un coup Frère Jacques, des Oblats, venu spécialement pour lui souhaiter un bon voyage. Pendant l'enregistrement, Jacques fait la connaissance des biomanes de Fanny, et de ses turbulentes soeurs.

En direction de l'aéroport, 24 septembre 2006

Dimanche 24 septembre, 07h30 du matin, départ de la ferme des Beurreries à bord de la Caravelle
bleue, en convoi avec notre GPS à roulettes, la clio parentale.

Fanny gère l'ambiance musicale de l'Escargot Fringant. Il y a Senko et Sarah, Elsa et Ysé ayant pris place dans le GPS.

A l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, après avoir enchaîné les intestins de bitume qui mènent aux endroits désirés, nous parvenons au parking souterrain du terminal 2F. L'Escargot Fringant frotte le gabarit : allons-nous rester coincés dans la zone de parquage ? Une caméra lit la plaque d'immatriculation, qu'elle retransmet à la petite machine qui l'imprime sur le ticket de parking. C'est beau, la technologie.